Invitation à l'écriture
M’HAMED HASSANI
Invitation à l’écriture…
Par A Lamalif
Dois-je me fier à l’épaisseur d’une plaquette de poésie à même de porter un jugement de valeur sur un poète ? Ou bien devrais-je m’imprégner des textes et leur arracher leur secret ? Tout compte fait, la critique relève du subjectif, quoi qu’on puisse dire ou écrire.
La valeur d’un texte dépasse parfois le verbe qui la soutient. Elle apparait cependant si l’on va à la rencontre de l’homme. A son approche, il devient aisé et possible d’apprivoiser son vers et d’en tirer substance, voire jouissance exquise. Chose qui m’est arrivée en approchant le poète M’hamed Hassani, la quarantaine bien entamée. Longuement, il m’a entretenu de son recueil Aru ! (écris !) et aussi de sa plaquette divaguer qui en constitue le pendant naturel.
Le premier a vu le jour en septembre 1989 et rassemble des poèmes en prose et en vers. Le poète se sent à l’aise dans les deux formes.
Le plus remarquable aussi, c’est de se surprendre à lire des poèmes berbères qui trouvent leur traduction en français en regard de chaque page.
Le travail de traduction, assuré par le poète même, ne s’éloigne guère de la pensée “originelle“ conçus et transcrite par Hassani. Le recueil Aru ! (écrits ou écris) constitue donc un assemblage de poèmes dont la finalité reste cette quête d’immortalité (ou de virginité), vers authentiques. Cette même quête pousse Hassani à produire :
“Entre l’idéal et le délire
Je chevauche une langue piégée
Entre l’exil et le repentir
J’ai choisi d’être
Mon élan est irrésistible
Quand il s’agit de
Me dire
De durer. “
Le poète soulève le problème d’appartenance, d’identité et brandit son verbe en guise de revendication :
“ Aru !
Tislit n’Anzar est promise désormais à celui qui arrosera son peuple de lucidité. “
Avec sa sensibilité à fleur de peau, son vers tranchant et résonnant fort, Hassani nous réconcilie avec la poésie du terroir, celle qui sent la terre des aïeux.
- Lamalif
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