"Akham n Tiche" une pièce de Hassani Mhamed montée par Le Théâtre Régional de Bejaia en 2011
la troupe du TRBejaia avec l'auteur et une scène de la pièce "La maison de Tiche" "Axxam n Ticc"(descembre 2011)
Titre : Akham n Tiche
Auteur : M’hamed HASSANI
Metteur en scène : Djamal Abdelli
Nombre de personnage : 06
Résumé :
« LA MAISON DE TICHE » est une ruine romaine que le colon Tiche a réaménagée en ferme. Le nom de Tiche est resté collé à cette ferme, même bien longtemps après l’indépendance du pays.
Mouhnif, fils de chahid, rêve de voir le nom de son père évincer celui de Tiche qui nargue son présent orphelin. Il profite du 49ème anniversaire de sa mort pour demander aux autorités concernées de baptiser la ferme au nom de son père.
Moussa, refuse de voir une victime collatérale de son amour de jeunesse, réhabilitée, ce qui risque de dévoiler son passé douteux, connu uniquement de Abdellah, le moudjahid survivant, que la peur de déclencher une vendetta a rendu amnésique.
Pour arriver à leur fin, à chacun ses moyens : Moussa dispose de ressources financières et de levier dans l’administration, alors que Mouhnif n’a que son amour de la patrie et les idéaux de son père, sans parler de son ami Oufrin, que rien ne retient, parce qu’il se sent exclu de l’histoire et du présent de ce pays qu’il rêve de quitter.
A l’occasion de cet anniversaire, Mouhnif tarabuste Abdellah sur les circonstances de la mort de son père, son refus d’accepter les avantages liés à sa condition de moudjahid… Abdellah fuit jusqu’à ce que Mouhnif, qui vient de bruler le bureau des moudjahidine parce que sa demande a été refusé, le menace d’aller voir Moussa qu’on appelle le grand moudjahid… alors Abdellah laisse éclater sa colère retenue depuis l’indépendance et dévoile le vrai visage de Moussa, le traitre à l’origine de l’embuscade qui a tué son père.
La vérité lâchée dans l’air va-t-elle réveiller les démons ? Comment remédier à cette calamité qu’il vient de déclencher après quarante neuve ans de silence ? Culpabilisé, Abdellah cherche comment réparer cette « bourbe ». Son silence a-t-il trop duré ? La parole libérée saura-t-elle trouver la juste formule pour faire avancer l’Histoire et ne pas la réduire à une suite de meurtre ?
Tous ces personnages vivent au rythme des « R.A.S » d’Aemmi Hsen le facteur que seule sa proche retraite dorée préoccupe.
Alors l’histoire ira-t-elle dans le sens de l’Histoire en ouvrant des perspectives, ou bien, va-t-elle tourner en rond en fourvoyant les idéaux génératifs ? Telle est la question fondamentale posée !
L’auteur
Le mot de l’auteur
J’ai rêvé que j’étais un auteur de théatre, finalement je ne suis que le prétexte pour un spectacle.Pourvu que l’histoire aille dans le sens de l’Histoire en ouvrant des perspectives et ne tourne pas en rond en fourvoyant les idéaux génératifs ?
Entre le texte de l’auteur et le spectacle que vous allez voir, il y a l’énorme travail de rumination d’une équipe d’artistes qui doivent chaque jour se convaincre que leur effort n’est pas vain et que le chantier en vaut la peine. Pris entre l’étau de l’arbitraire et la flamme de la profession, entre la pince de la nécessité et l’ivresse du plaisir, l’artiste se meuve tel un dinosaure dont on ignore le moment de son réveil. Il peut paraitre éteint ou atteint, mais les connaisseurs savent que rien n’est joué avant le sifflet qui annonce l’arène. On a beau miser sur l’échec, tricher pour avoir raison, mimer pour ne pas s’isoler, se plier pour paraitre roseau ; on a beau se dire averti, dans ce domaine, la surprise est toujours de mise. La levée de rideau est un moment de grande humilité, de grande émotion…
Hélas, le rideau ne se lève plus dans nos salles, il a été depuis longtemps tiré comme une couverture, si bien que maintenant il nous arrive de l’appeler draps de lit, descente de lit, couvre lit, tapis... enfin on a fini par en faire l’économie.
On a beau jouer ou ruser pour paraitre sérieux, l’heure de vérité ne connait ni le joueur ni le rusé, l’heure de vérité sonne comme un revirement de situation ou un coup de théâtre où le coupable est démasqué et livré à lui-même.
Ce n’est qu’à partir de la première représentation que les artistes commencent à jouer, à exister. En effet, toute l’équipe, après beaucoup d’hésitation, de doute, de remise en question ne retrouve sa cohésion et l’histoire sa cohérence qu’après l’applaudissement du premier spectateur.
Le contrat, s’il y a contrat bien sûr, est collectif, il ne sera scellé qu’avec le spectateur.Contrat moral ? Contrat artistique ? De quel contrat peut-on parler ?
Démarrons l’année avec des questions, nous avons tout le temps d’y répondre.
Bgayet le 09/01/2012
M’hamed HASSANI
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