Départs ( à tous ceux qui sont partis assassinés par la horde sauvage
DEPARTS
Partie, l’amie au doux sourire
Son unique révolte s’est consumée entre deux vers...crépusculaires
A force de taquiner le Poète, elle a fini par croire au sérieux de l’avis et rechercher l’essence du rêve
Le Poète ombrageux se surprit à conjuguer son verbe à l’infini...
« Elle a vite, trop vite même, compris l’exiguïté de ce Pays livré alors qu’on pensait l’avoir délivré... »
Longtemps déjà que l’exode a commencé déposant le Poète au seuil de l’avenir...
Seuls l’Arbre et la Pierre ont maintenu leur Dialogue séculaire fait d’Ombre et de Soleil.
Je me sens si proche de l’Olivier au feuillage renversé par la dernière cueillette et le premier soufflet de l’hiver
L’ex - paysan est revenu de loin lui soutirer son fruit et repartir jusqu’à la prochaine saison.
Partie, l’amie au doux sourire,
Suicide précoce qui hante le Poète enraciné dans son village
« Parce qu’il n’y a pas encore de ville dans ce Pays ...
Je préfère, de loin, l’Olivier au Lampadaire.
Ton sourire en dit long sur tes rêves que je n’arrive plus à dompter avec tous ces Départs qui parasitent mes ondes... »
Parti, l’Homme aux mots migrateurs, au moment où il parlait de Demain et qu’il s’affirmait disponible comme l’Olivier.
Parti, le Goual qui a fécondé la scène d’un Gigantesque Village
« Souvenez-vous, disait-il, Oh ! Fous ! Ce Pays en ébullition ... » et avant de terminer sa tirade, l’Histoire avait déjà basculé...
Parti, l’Homme Forgeron, l’Homme à la frêle silhouette qui refusait de nommer sa blessure.
Parti, Ce jeune inconnu qui n’avait peur ni des chars ni des charognards et qui scandait en tête de foule :
« A coup de poings et de chants
Se rompent les barrières
A coup de poings et de chants
S’arrachent les droits
A coup de poings et de chants
Se conjuguent nos droits... »
Partis, le Grand frère et le Petit copain
Le Mécanicien écrasé sous son moteur,
Le Boulanger incinéré vivant dans son four,
Le Maître égorgé devant ses élèves et le Billettiste du coin qui n’arrête plus de dire à rebours les versets de notre drame...
S’attablent les vautours autour des villages pour achever leur festin macabre et empêcher les morts de parler aux vivants.
Les Vivants ne se parlent plus depuis très longtemps ; seuls les enfants arrivent de temps à autre à créer un vague sentiment d’appartenance...
Et la Terre à la Pierre confia le terrible secret à l’Arbre agité.
Que sait-il ce faux Citadin, de la Tourmente qui saisit l’Olivier, qui, après avoir tout donné, se retrouve seul pour affronter l’hiver, Seul et solitaire , après avoir tout donné ...
Faut-il vraiment croire au sérieux de la Vie et rechercher les sens du Rêve ?
Doux Sourire, que je n’arrive plus à capter avec toutes ces absences qui terrorisent mes Mots.
A-t-elle vraiment existé ?
Elle avait prédit ma solitude et le drame de ma génération
Elle avait trouvé l’issue salutaire à la prison de mes mots figés par la peur :
Je reviendrais avec le Printemps te signifier ta Retraite définitive Oh ! Poète ...
mhamed Hassani
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