ili ! (tamedyezt n tmayin) yeffegh-d 2011
Quelques mots sur le système de transcription
Ce recueil a déjà été publié en 1981, en tirage restreint, avec le titre de « $ezzifet aâwaz yebdan s targit ». Quelques poèmes ont connu une diffusion, sur feuilles volantes ou dans des revues, à partir de 1989…
Ecrits initialement en tifinagh, le recueil fût transcrit dans l’alphabet et les règles contenus dans Tajerrumt de Mouloud Mammeri, pour sa première diffusion. Les poèmes diffusés après1988, l’ont été, à titre expérimental, dans des transcriptions s’inspirant de travaux plus récents qui offraient l’avantage de ne pas utiliser les signes diacritiques et les points souscrits, mais uniquement les vingt six lettres de l’alphabet latin. Bien sûr, cette expérimentation tâtonnante cherchait une voie de synthèse, alliant la simplicité à l’efficacité, tout en respectant la structure de la langue. En l’absence de sondage et d’espace de débat libre, il est difficile de se prononcer sur un choix quelconque. Encore une fois la concentration des moyens entre les mains d’une tendance nous a menés dans l’impasse.
Dans cette édition, j’ai tenté de me mettre à jour, vis à vis de la tendance de « tajerrumt », j’ai rencontré des amis enseignants et étudiants à qui j’ai demandé de me mettre au parfum des dernières trouvailles de l’INALCO de Paris et des départements de tamazight des universités du pays. Faut dire que le sujet était inépuisable et le progrès infime par rapport à Tajerrumt, telle que je l’ai découverte en 1980. L’esprit critique complètement absent, chacun suivait craintivement ses objectifs sans aucune perspective et se soumettait à la loi du clan et du chef. Triste reflet de l’aboutissement de nos luttes et de nos espoirs.
En tout état de cause, le système d’écriture adopté dans le présent ouvrage, pose problème. S’il m’a permis de fixer mes écrits dans l’urgence, il ne me satisfait plus dans la pratique quotidienne. Il appelle à une refonte générale qui mettra à l’aise les usagés et élargira ses espaces, en touchant d’autres franges de populations que les scolarisées dans la matière, et en s’adaptant aux moyens de communication modernes et à l’environnement immédiat et lointain. Pourquoi faire l’autruche et s’entêter à fermer les portes du possible ? Qui a intérêt à garder l’amazigh loin des masses et des secteurs économiques développés ? L’amazigh est une langue populaire, sa transcription doit être accessible à l’aide d’instrument disponible et accessible à tous et non à une minorité nantis, matériellement ou intellectuellement.
1980, 1988, 2001, 2011. Les réveils démocratiques font avancer l’histoire dans tous les domaines. Espérons que le virage sera pris à temps, pour libérer notre première langue nationale de ces archaïsmes et lui permettre de vivre, pleinement, sa modernité
Bgayet, avril 2011
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