Citoyenneté et liberté d'expression (intervention d'ouverture)
Table ronde sur la citoyenneté et la liberté d’expression[1]
Centre culturel Aokas le 24 juillet 2018
Selon le philosophe Kant, la dignité fait que la personne humaine ne doit jamais être considérée comme un moyen mais comme une fin en soi. Aussi il est de notre devoir, et c’est tout notre combat, en tant que penseurs, écrivains, artistes, hommes de droits ou d’action, de toujours se reposer cette question centrale, de toujours ramener l’homme au centre de notre réflexion et de notre action.
Depuis les événements de juillet 2017, qui a vu la société civile de Aokas, à travers son collectif de citoyen qui a regroupé les associations, les partis politiques les artistes et écrivains ainsi que des personnalités venues de tout bord et de toutes les régions du pays, se dresser pour se réapproprier une part de sa citoyenneté à travers la liberté d’expression et de réunion du café littéraire et après la grandiose marche du 29 juillet 2017 qui nous a permis de reconquérir le droit d’organiser nos cafés littéraires et autres manifestations artistiques sans autorisation administrative, le mouvement citoyen de Aokas se cherche pour reconquérir la totalité de ses droits citoyens. Bien sûr qu’à chaque victoire, nous croyons être sur le bon chemin, mais la réalité est toujours plus compliquée. Ainsi le principe déclaratif ne s’est pas étendu partout ailleurs dans le pays comme prévu puisque des interdictions subsistent ; mais aussi faits plus grave, des personnes ayant exprimé une opinion ou un avis ou simplement transmit une information continuent à se faire arrêter à travers le pays. Des arrestations et des condamnations à de lourdes peines sont prononcées pour des délits d’opinion et autres expression de la liberté citoyenne.
L’actualité est marquée par le cas du blogueur Merzouk Touati détenu depuis plus d’une année et en grève de la faim depuis une quinzaine de jours ! et l’arrestation du militant Salim Yaza présenté aujourd’hui même devant le tribunal de Ghardaya pour cause d’exercice de sa citoyenneté.
Aussi la problématique du débat s’orientera automatiquement vers ces cas réels en passant sûrement par des questionnements plus théoriques que nos invités développeront pour éclairer et asseoir notre démarche citoyenne dans sa globalité. Parce que la citoyenneté se glisse partout aujourd’hui. Tout acte a une dimension sociale et civique. La citoyenneté déborde partout, à l’école, dans l’entreprise…
Cette table ronde aurait dû être permanente pour expliciter à chaque fois notre citoyenneté face au effets destructeurs d’un système qui sème la soumission quand ce n’est pas la mort et la désolation dans les esprits de nos concitoyens. La citoyenneté dans son acceptation universelle a certes un sens juridique mais elle est le produit d’une construction politique. Donc c’est à travers la conjugaison des droits et des devoirs civils politiques et sociaux et culturels que le rôle du citoyen se définit. La citoyenneté implique donc une appartenance à une communauté politique au sens de la cité (qui n’est pas la nationalité). C’est elle qui génère ce lien social fondé sur le politique et non sur l’appartenance ethnique religieuse ou autre !
Si de nombreux citoyens expriment aujourd’hui leur méfiance par rapport au politique, ils sont de plus en plus nombreux à s’engager et à se socialiser en tant que citoyen sous d’autres modes, s’exprimant par des actions de solidarité ou de sensibilisation à l’une ou l’autre cause. Sur ce, je vais vous présenter nos invités et leur donner la parole, 10 ou 15 minutes chacun, avant d’ouvrir le débat que nous voudrions constructif pour le mouvement citoyen en général, d’Aokas en particulier.
Mhamed Hassani
Poète dramaturge
Modérateur de la rencontre
[1] Table ronde animée par Mitres Moussaoui et Bakouri, professeur de philosophie doc Bouich Mehrez, mbres de la LDDH Salhi et Boumedjane, Syndicaliste Idir Achour, Citoyen militant élu de l’APC d’Aokas Hamou Aidali, poète Habache, Mouloud Tiakout membre d’Azday.

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