Le double engagement de l’artiste : esthétique et public

Le double engagement de l’artiste : esthétique et public
En solidarité avec les détenus d’opinion en général et de Merzouk Touati en particulier
Militer, soutenir une cause, être solidaire avec le détenu d’opinion emprisonné… L’actualité a été très exigeante ces dernières décennies parce que les citoyens ont été malmenés, interdits d’exister à travers ses représentations artistiques et politiques, soumis quotidiennement à une violence informelle et formelle. Le citoyen s’est senti trahi à chaque fois par les uns et les autres. Ce qui l’a rendu exigeant envers ceux qui prétendent le représenter au point de demander des preuves extrêmes de leur engagement.
Quand les politiques agissent en contradiction avec leur discours et que les artistes se retiennent de prendre position en public, la société est doublement frustrée par ses représentants.
Plus de chèque à blanc, il faut aller au feu d’abord et venir parler ensuite.
L’écrivain, et l’artiste en général,est sommé de se positionner sur l’échiquier des valeurs humanistes. Il est sommé de se positionner devant tous les cas d’atteinte aux droits humains, sinon on lui refuse sa place citoyenne et il devient le serviteur d’un système.
A-t-il le droit de passer outre, de se considérer comme exempte d’aller à la bataille, de rester à lancer des youyous d’encouragement ou d’incitation ? Quelle doit être le degré d’engagement sur le terrain et non sur la feuille ?
Le citoyen d'aujourd’hui semble exiger un double engagement, public et esthétique.
Dénoncer dans l’œuvre et être complaisant dans la réalité, suffit-il à l’artiste pour gagner la confiance de ses concitoyens ?
Le citoyen est désormais conscient que la dimension artistique ne peut se passer d’un engagement humain pour peser sur la balance de la justice. Que l’artiste ne peut être citoyen sans engagement aux côtés de ses concitoyens…
Mhamed Hassani
Poète dramaturge
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