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Migrance, sculptures de l'artiste André Moumen Achour. 2 ème partie: l'artiste à l'oeuvre...

6 Mars 2021 , Rédigé par Hassani Mhamed Publié dans #poèsie et arts plastiques, #peinture et poésie

L’artiste à l’œuvre se raconte :

            Comme chaque fois

            Ce petit enfant qui vit toujours en moi, remonte à la surface

            Me fait face

            Et me prend par la main pour me conduire au-delà des apparences lisses et imperméables. Le monde est foireux me dit-il, tu peux t’échapper de partout, à tout moment.

            J’écris avec ses couleurs, cette musique d’ailleurs qui me fait valser, me donne le vertige jusqu’à perdre l’idée qu’on se fait pour faire place à l’idée qui se fait.

            Je sculpte avec son regard un rêve antérieur, coincé à l’intérieur.

            Et avec ses petits doigts, agiles et fougueux, je plonge au fond de cette terre abandonnée pour l’irriguer de mon amour et lui redonner vie.

            Et, quand mes doigts pensifs pénètrent, en profondeur, la boue enfantine que je malaxe et pétrie, je configure et j’efface, je modèle et donne forme aux traits cachés qui retrouvent la lumière du jour.

            Alors, rayonne l’âme généreuse de mon invité que les jours avaient froissée.

            Puis, avec un petit geste de la main, l’enfant souriant s’éloigne ; c’est sa manière de me donner rendez-vous pour la prochaine expédition.

            Parce que chaque œuvre est une expédition…

            Quand Moumen parle, c’est comme une pluie de galets ou de grêlons que son rire enfantin amortit au fond de sa poitrine qui tressaute. Et c’est l’image d’un félin qui tourne autour de sa proie qu’il donne à voir, lorsqu’il travaille. Tant de force et de douceur se cachent dans cette masse souffrante dans le silence des exils tus.

             Ce jour-là, j’avais compris que Moumen pouvait apporter sa part du beau. Cette manière de traduire deux mondes à travers des souliers me séduisait. Le soulier de Charlie Chaplin et celui de la ballerine. Deux migrations parallèles : l’une physique l’autre esthétique.

          

Charlie Chapelin et la ballerine

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