Mohand Chabane l'amedyaz
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Mohand Chabane l'amedyaz d'hier et d'aujourd'hui ou des tapuscrits en héritage ?
Contribution de Mhamed Hassani Je ne peux qu'aller dans le même sens que tous les présents du café littéraire de Aokas de ce samedi 31 mars 2018. Le poète dramaturge et ami, Mohand Chabane mé...
Je ne peux qu’aller dans le même sens que tous les présents du café littéraire de Aokas de ce samedi 31 mars 2018. Le poète dramaturge et ami, Mohand Chabane mérite toutes les éloges et ses écrits sont une mémoire blessée de la région.
Je ne peux désormais me départir de l’image de cet enfant se retournant pour voir une dernière fois son village d’où il est chassé par l’armée coloniale française. Il en gardera cette indélébile nostalgie du passé a jamais inaccessible qu’il ne pourra faire vivre que par de longues rêveries poétiques sur les collines environnantes qui font face a la Méditerranée.
Une poésie nourrie de contes, de tableaux d’une nature riche et généreuse, des portraits d’hommes et de femmes qui ont marqué tadart, des récits arrosés d’humour et d’amour, la fresque d’une vie qui se confond à l’histoire de la région. L’œuvre inédite de Mohand Chabane reste à découvrir.
Son théâtre en kabyle imbibé de dire et formule bien ancrés dans la culture locale se situe dans l’universalité par les thématiques abordées, telle que l’avarice, l’hypocrisie, la résistance contre la barbarie…
Des poèmes missives, des adresses à l’encontre des personnes (allant du colon au plus proche) qui l’ont blessé, pour leur rappeler ou leur donner des nouvelles de ce que la vie a fait de lui et inversement ce qu’il a fait de cette vie qu’ils ont voulu gâcher.
Le poète est une once de vie imprenable, un gage pour l’humain, le semeur increvable de sagesse et d’amour en dépit de toutes les calamités de ses semblables. Quand on essaie de le blesser, un seul de ses regards brillant vous fait comprendre la vanité de votre entreprise et son sourire, une vague caressante en plein mois d’août, vous dissuade de provoquer l’irréparable.
J’ai toujours admiré son calme aussi vaste qu’un alexandrin de Victor Hugo, aussi neuvain qu'un asefru de si Moh ou une tirade de zi Essaid. Il s’est forgé dans la rime depuis qu’une strophe d’un illustre poète de la langue française est venue s’échouer sur la vaste plage fertile de son imaginaire d’écolier.
Ô vous qui dégustez si bien ses vers et son théâtre, faites que de son vivant, ses livres vous soient dédicacés de ces doigts noueux qui ont soigné les corps et les âmes.
Mhamed Hassani
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