cent repères pour être bien
« Marcher entre deux marches pour rattraper toutes les marches ratées depuis 1962 . De quoi donner le tournis à un Génral de corps d’armée qui trouve que sa caserne est trop étroite pour lui. »
Mhamed Hassani
Cent références

Sans référence à la multitude de dates marquantes de notre histoire tourmentée, sans goûter encore aux fruits de la Cinquième saison[1], j’essaie de me sentir bien dans ma peau, sans besoin de me draper dans un drapeau ni de me mettre dans de beaux draps. Je sais qui je suis, d’où je viens et où je vais. Je me bats quotidiennement pour garder le cap. Et pourtant !
Situation ambiguë de celui qui marche en dormant ou qui dort en marchant.
Qui marche en dormant est un somnambule. Il réalise des choses dont il ne se souvient pas à son réveil.
Pourtant mon grand-père, du côté des Ouidir, plantait son potager la nuit et le récoltait le jour. Il prétendait que des djinns faisaient le travail pour lui, pendant qu’il se reposait.
Et ma grand-mère, du côté de Najamiti, balayait sa cour et achevait son ouvrage sur le métier à tisser pendant son sommeil et s’en allait aux champs le matin. Personne ne se posait de question sur le comment.
Maintenant, parmi ceux qui dorment en marchant, il y a celui qui rentre fatigué de toutes les marches et se repose entre deux marches pour ne pas rater la troisième. L’entre deux marches est fascinant. Un repos total entre parenthèses, sans impôt ni zakat, il prend ses aises. Il allonge ses jambes et raccourcit la distance entre lui et demain.
Entre moi et toi qui sommeille en moi, j’attends le jour du réveil de ma léthargie séculaire.
Serais-je l’autre demain ou le même toujours ?
N’oublions pas que je dors de fatigue quand mes ancêtres travaillaient en dormant. Comment retrouver le chemin des ancêtres et prendre un temps d’avance sur moi-même ?
Comment ne pas dormir et me reposer, ou dormir et travailler, ou… ? Y a-t-il une autre possibilité ? Entre deux marches continuer à marcher en dormant peut-être ? Ou planter mon potager par exemple ? Ma femme pourrait terminer son ouvrage sur le métier à tisser et m’accompagner le lendemain aux champs ? l’équation du futur reste tributaire d’un général mal aimé qui n’arrête pas de saborder mes efforts.
Seul le verbe marcher semble se conjuguer sans risque d’être macher par les tenailles du général qui braille parceque non voyant ! mon ami Brahim[2] m’a insulté une fois parce que je lui ai envoyé une photo. Qu’il m’excuse encore cette fois, je déraille de plus en plus depuis le 16 février 2019. Et mon allure débraillée doit faire comprendre au général qu’il n’est pas question de me laisser encager. Ma demande de dégager est un sérieux problème il est vrai, mais que faire quand c’est la voix du peuple qui résonne profondément en moi.

Marcher entre deux marches pour rattraper toutes les marches ratées depuis 1962 . De quoi donner le tournis à un Général de corps d’armée qui trouve que sa caserne est trop étroite pour lui.
Mhamed HASSANI
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