Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Nouvel article

11 Mai 2015 Publié dans #articles parus dans le quotidien La Cité

D’un printemps à l’autre

Par Mhamed Hassani

Littérature. «Algérie, le printemps reporté»,

un roman de Rachid Oulebsir enfin paru auxéditions Afriwen 2015.

Ce n‘est ni sa taille ni son regard, ni son nom, même pas son verbe... mais Rachid m’est toujours apparu comme un olivier ancestral et séculaire déambulant le boulevard des révolutions trahies d’un pays imaginaire.Rachid a de l’olivier toutes les qualités. Résistant, souple, enraciné, universel, nutritif et protecteur lors des étés tor- rides.Un égo aussi gros que sa générosité et capricieux avec lecœur sur la main. Comme il ne sait plus que faire d’un printemps malmené, détourné, reporté, exporté ou déporté, il a monté une mai- son d'édition pour l'éditer! Et nous on est resté à l’attendre sur les rives de notre mémoire.Finalement notre « Godot » est une saison au pays de Saint augustin et d’Apulée.Je savais que l’automne était sa saison de prédilection, il en a fait son levain pour se rendre compte que le cheminement de l’histoire est fait de sentiers tortueux, qu’il fallait souvent revenir sur ses pas pour un nouvel éclairage, une nouvelle avancée dans le décryptage des hiéroglyphes contemporains.En vérité le livre de Rachid Oulebsir a deux titres et plusieurs auteurs, le tout ramassé en un. Énigme à déchiffrer en attendant le retour du printemps. Un passe-temps.Du « printemps reporté » en français, je- découvre que « le printemps est une farce » en ta mazight. Pour cela, j’avais suggéré, dès la parution du livre, qu’il s’agissait peut-être « d’un printemps déporté » !L’auteur m’avait rétorqué, ironiquement, que c’était trop facile, parce qu’il pourrait fleurir quelque part ! Quand on a trop à dire et pas le temps de le dire, on multiplie les symboles, les repères, les exvotos, comme autant de mémoire consignée pour les générations futures.Le présent étant décadent, défaillant...Le printemps reporté est une farce en Kabyle !D’abord Rachid a refusé de me l’offrir, m’incitant à faire le geste d’encouragement, de mettre ma main à ma poche. Fallait que je le dise. Donc, pris de cours, puis qu’une Balade itinérante- pardon « littéraire » lui est consacrée ce jeudi, je me devais d’être à jour, pour lui coller quelques étiquettes, façon de me venger ! Chah !Lecture malintentionnée piégée par une langue bien fourchue !Le poète sans non, l’auteur caché derrière et le nous asphyxiant, m’ont irrité jusqu’à l’apparition du premier person- nage qui porte un nom, Djoudi, le véritable auteur de cette première partie quià défaut d’un texte sur la classe ou- vrière qu’il méconnaissait se rabat sur une parabole sur la délivrance du pays et son avilissement par les nouveaux maitres incultes.Irruption dans le présent, me suis je dis. Mais non, l'apprenti romancier n’est que l’autre Rachid, le jeune Rachid ? Qui soumet son pseudo projet de roman à la critique avant l’heure au grand Rachid. Auto critique qu’il aurait dû mettre en application ! Mais non, ça fait partie de l’histoire. Vous voulez que je vous dise ? Rachid joue à son propre critique, etveut nous piéger en se servant de notre curiosité qui va nous emmener à relire le texte pour vérifier ses prétendues critiques de la première partie !J’ai résisté au piège, il me fallait connai- tre ce Djoudi, jeune Rachid, qui a fait emprisonner le poète qui a chanté l’indépendance et les trahisons qui s’en suivirent, parce qu’il ne savait pas quoi en faire, comme une histoire inachevée qui a trop trainé dans le tiroir ! Comment la relier au présent ?Faire un détour par les bars d’Alger, se faire embarquer dans une descente de police se retrouver à faire son service militaire (ou maison de redressement ?)et décider de conclure en libérant le poète usé, dix ans après, suite à une grâce présidentielle, dans l’Algérie de la décennie sanglante !Après avoir été auteur, Rachid Oulebsir, en Kabyle convaincu qu’il faut tout fai- resoi-même, a créé sa propre maison d’édition pour éditer ses propres ouvrages ! Il a poussé l’audace jusqu’à faire sa propre critique dans le même ouvrage.Le Rachid d’aujourd’hui qui critique ses propres textes d’hier tout en les recyclant ! Dans tout ce labyrinthe, allez deviner qui est qui ! Qui est la voix de l’auteur ? Le poète ? Celui qui se cache derrière le nous ? Djoudi Lintello? L’auteur est omniprésent, à tel point qu’il étouffe le texte !N’empêche, j’ai lu le roman d’un trait ! Chah ! Faîtes en autant avant d’aller à la Balade itinérante pardon littéraire, qui renait de ses cendres à chaque fois qu’on l’oubli ! Et ça se passe au Théâtre Régional de Bejaia ce jeudi et ailleurs les autres jours, une fois par hasard ! Enfin c’est un peu la culture informe- elle. M. H.Algérie, le printemps reporté. Afriwen éditions, 2015. 145 pages,

Publicité
Nouvel article
Nouvel article
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article