transhumances humaines ou Tifloukin de Brahim Tayeb
Transhumances humaines
Par Mhamed Hassani
B comme Babor
T comme Tayri
Imaginez, l’amour sur un bateau livré à une mer agitée !
Imaginez, un retour fécond sur nos angoisses enfantines bercées par les chauds roulements de la voix de Jida, Nana, Grand-mère ou l’aïeule en profondeur des siècles, hors du temps, qui fait remonter les navires en naufrage.
Imaginez, un pays bateau emporté par les vagues de l’histoire…
Une fatalité ? Aucun Sidna Nouh en vue. Il n’y a qu’un Mouh en détresse. Pourra-t-il
regagner la berge ?
L’art est la conjugaison du possible et non le contraire. Ce que la parole omet la musique l’émet et l’artiste sublime son acte créateur pour échapper au fléau du désespoir.
L’issue est là, quelque part, depuis les premiers pas, les premières paroles, les premières rougeurs de la conscience amoureuse, le premier baiser qui calme la faim et éloigne la fin.
Quand Brahim s’exprime, c’est que la cruche est pleine et la lune en crochet. C’est qu’il est trop tard pour battre en retraite ; il est temps d’affronter ses démons.
Quand Brahim brame comme un cerf blessé, le destin, ce chasseur infatigable, se brise de douleur et s’écarte de son chemin.
Quand Brahim brave sa tempête intérieure qui le dévore, il en sort un océan de paix qui inonde la terre d’amour et d’espoir.
Quand Brahim devient Nouh à travers Mouh, préparez vos barques précieuses comme des poésies silencieuses qui arpentent vos veines.
Composez vos embarcations avec la somme de vos phantasmes pour un nouveau voyage, un nouvel exil, un nouveau départ…
C’est l’heure des transhumances humaines
C’est l’heure des départs forcés
C’est l’heure de l’histoire chamboulée pour aller dans d’autres directions et chercher l’autre sens à nos rêves inédits.
L’humanité suit son cours, son chemin de braise, ses rêves infinis…
L’humanité court vers ses horizons qu’aucune limite ne situe, sinon celle de sa survie.
L’humanité surfe sur sa planche de salut qui n’est autre que l’épave d’un navire qui reprend vie entre les mains de Mouh qui se prend pour Nouh ou de Brahim l’artiste qui harangue Tayeb le citoyen en perte de repère.
Octobre 2017
Mhamed Hassani
Poète et draùaturge
©2018
Ce texte m’a été inspiré par le dernier album de Brahim Tayeb (Sighed itran-ik 2017) notamment sa chanson « tiflukin ».

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