Quand Pierre parle de Dihya, je me surprends à le jalouser, puis à douter qu’il puisse avoir accès à notre héroïne nationale… Mais Pierre n’aime pas les frontières et encore davantage les drapeaux, séquelles fascistes en puissance. Il préfère les emblèmes vivants de la paix, de l’amour, de la non-violence, de l’altérité, d’un vivre ensemble partagé sur toute la demeure Terre, parce que l’Humain habite cette dernière et ne possède que la vie.
Ce trouveur tourmenté jette son regard comme un arc-en-ciel, au de-là des mers, pour rencontrer ses frères, que l’errance à dispatcher à travers ce vaste pays qu’est la Terre.
Il garde sa langue dans son palais et parle toutes les langues dans son français. Ainsi, il était à la marche du livre à Aokas sans bouger de son Québec, il a traduit son poème en kabyle en s’aidant d’un dictionnaire vivant. Ainsi dans chaque coin de ce vaste jardin surgit le berbère et survit sa langue avec d’autres langues dans chaque palais, grâce au vivre ensemble. Et…
Mon ami Rachid Oulebsir l’a bien compris, il n’y a plus de territoire kabyle mais la kabylie est là où on parle kabyle ! Et toute personne qui parle kabyle hérite un peu de notre kabylité.
Les frontières ne savent plus contenir nos désirs d’être ensemble et les pays éclatent comme des grenades murent que le soleil de la fraternité caresse, libérant les êtres humains de leur phobie de l’espace.
On ne résume pas un poème. On ne raconte pas un poète. On vit ensemble un moment de bonheur intense, on plonge dans la mousse vivifiante de la poésie et on en ressort avec de nouveaux ressorts pour améliorer le sort de l’humain.
Pierre qui roule trouve son chemin vers son destin de trouveur. Comme il n’est pas Dieu, il cherche et vous offre ce qu’il trouve dans ce vaste espace.
Pierre qui roule fait semblant de partir pour revenir comme un retour de manivelle, nous surprendre dans nos lâchetés devant le confort des idées reçues comme des cadeaux de noël.